Le réveil fugueur
Voici l’histoire étrange, et non moins passionnante, de mon réveil matin. Pendant trois mois il était porté disparu, et pourtant j’étais absolument convaincu qu’il ne s’était pas échappé de mes murs. Or, impossible de remettre la main dessus. J’ai cherché, pendant longtemps, et je commençais presque à me demander si je ne perdais pas un peu la carte, quand même, malgré mon jeune âge de l’époque. C’est alors que je me suis vu en train de tout retourner dans mon logis. Mais c’était complètement insensé… il était posé, depuis toujours, sur ma table de chevet, prêt à faire retentir, tous les jours à la même heure, sa stridente sonnerie. Bon, d’un côté il ne me manquait pas… mais d’un autre côté, il était quand même rudement efficace.
Au bout d’un moment je finis par abandonner mon investigation, menant à une impasse cuisante. Puis un beau jour, j’ai dû ranger la poussette du poupon de ma fille, et machinalement je l’ouvre. Que vis-je? Une liste de choses que je pensais avoir égaré, malgré le fait que je ne me souvenais plus les avoir perdues! La petite maligne s’était bien gardée de nous en informer, nous laissant ainsi, dans le doute que nous devenions séniles bien avant l’heure.
Bien à vous,
Alain-François.